ℓα ρεтiтε ¢hяσиιqυε ∂u vαgυє à ℓ'âмє.®
Envie de pas grand-chose, peut être juste d'un grand verre de fanta à l'
orange pour apaiser ma soif! Trop de chaleur et pas assez de
fraîcheur ces derniers temps dans la petite ville qu'est ma cité. On voit comme tous les matins les gens qui marchent dans la rue. Les
pressé, les liseurs de journaux, les pressés liseurs de journaux, mais aussi les blondes à talons haut, les sérieux avec leurs mallettes grises, tant de personnages caricaturés à l'extrême.
Des clowns d'une société.
La
bimbo, le cadre supérieur, le magistrat, la mère de famille, le
retraité, tous ces personnages dans le même bus. Et moi pauvre lycéenne je regarde et j'admire ce que la vie fait de nous petits vers de terres. J'essaie de lire sur le visage des gens les rencontres qu'ils ont put faire pour en arriver là. Ils sont sans doute passés aux travers des pièges de la vie, ou bien ont mis les deux pieds dedans de leur propre chef.
On rencontre souvent ces visages de tous les jours, ternis par la lassitude, le train train continu, la «
habitude attitude ». Le quotidien rend parfois les gens tristes et crus, comme si on ne voyait plus que leur
squelette mis à nu. Ils sont déshabillés devant nos yeux. Moi j'aime regarder ces gens, les déshabiller encore plus, tenter de voir ce qu'ils pouvaient être enfants, cachés derrière le masque de l'innocence candide enfantine aussi
blanche que les nuages et plus cotonneuse que les
moutons. Un agneau serait moins tendre que le masque qu'ils voient de leur enfance. Ils me regardent alors avec une sorte de sourire qui me dit « profite ma grande, profite. Tu sais, ça durera pas toujours. »
Je veux presque leur dire que je veux grandir, je veux devenir une adulte.
J'étais partie de l'idée pas envie de grand-chose, alors que maintenant je pose, en grande fille que je suis, des rêves de
grandeur, de
POUVOIR, de prendre enfin ma vie en main et de la retourner comme une crêpe et de la disséquer, observer les
veines du chagrin, les
reins de la folie, l'
estomac de l'envie de rire, les
poumons des grandes destinés, le
tendon de ma carrière. Ô ma vie ne me fait pas le même sort qu'à tous ces stéréotypes. Je me retourne dans le bus et je vois derrière moi, une grande personne, un sourire aux lèvres, une étincelle dans les yeux, un instant capturé et gardé dans mes mains. Je conserve l'image de la gaieté pure, la gaieté de la vue d'un lieu familier, d'une personne aimée, que sais-je, juste une once de
bonheur. Cette personne hors du commun je veux lui dire que je l'aime pour le temps qu'elle vient de m'offrir, elle me nourrit de son bien être.
Je suis une sorte de voleuse, je crois,
une voleuse de l'idée que les gens se font du bonheur.
Nous ne savons pas ce que nous serons demain. Ces stéréotypes le savent : le cadre ira à sa réunion, la bimbo cassera son talon, la mère de famille prendra ses cachets tranquillisants, le magistrat rentrera chez lui toujours plus grand toujours plus seul. On verra sûrement des sourires aux coins de leurs bouches, forcés, ivres de nouveautés, persuadés de leur
destiné. Je bois la gaieté et je la décris, pas si bien que ça je crois.
Tant pis.
C'était
childofthewolves pour vous.
À la prochaine.
Erratum : le titre c'est en fait ''la première petite chronique de vague à l'âme''.